Guide indépendant de la protection de l’entreprise, à jour des règles de novembre 2026

Invalidité et incapacité

Incapacité temporaire de travail : indemnités et prévoyance

L’incapacité temporaire de travail peut donner droit aux indemnités journalières de la CPAM, au maintien de salaire et, selon le contrat, à un complément de prévoyance. Les montants et la durée varient selon l’arrêt, le statut et la franchise : une garantie homme clé indemnise, elle, l’entreprise.

La rédactionMis à jour le 9 min de lectureRègles 2026 vérifiées
Un homme au bras en écharpe lit sur son canapé, avec une tasse de thé à côté de lui dans la lumière du jour

L’essentiel en bref

  • En arrêt maladie, les indemnités journalières correspondent à 50 % du salaire journalier de base, dans la limite de 42,97 € brut par jour en 2026.
  • La carence maladie de la Sécurité sociale est de 3 jours, tandis que le maintien légal de salaire par l’employeur débute en principe au 8e jour.
  • Une prévoyance privée peut compléter les revenus après une franchise fixée au contrat, qui varie selon la garantie et la cause de l’arrêt.
  • Une assurance homme clé indemnise l’entreprise pour une perte financière réelle, et non le salarié au titre de son revenu personnel.

L’incapacité temporaire de travail désigne une période où une personne ne peut provisoirement exercer son activité, mais le terme recouvre plusieurs mécanismes. Un arrêt maladie peut ouvrir droit aux indemnités journalières de la CPAM, tandis qu’un contrat de prévoyance peut verser un complément après sa franchise. Une assurance homme clé, elle, peut indemniser la perte financière subie par l’entreprise.

Le montant versé dépend donc de votre statut, de l’origine de l’arrêt et des garanties souscrites. Pour éviter les mauvaises surprises, vérifiez séparément les droits légaux, le maintien de salaire et les conditions du contrat privé.

L’incapacité temporaire de travail désigne trois situations différentes

Pour la Sécurité sociale, l’incapacité temporaire correspond généralement à un arrêt prescrit pour maladie ou accident. Elle peut donner lieu à des indemnités journalières, sous réserve des conditions d’ouverture des droits. Un arrêt lié à un accident du travail ou à une maladie professionnelle relève de règles spécifiques, notamment pour les indemnités et le maintien de salaire.

Dans un contrat de prévoyance, l’ITT, ou incapacité temporaire totale de travail, est une garantie dont la définition dépend du contrat. Certains contrats couvrent l’impossibilité d’exercer sa profession habituelle, d’autres retiennent une définition plus restrictive. Une garantie peut aussi prévoir une incapacité temporaire partielle, avec une indemnisation différente. Lisez les conditions générales et la notice d’information, pas seulement le tableau des garanties.

Enfin, l’ITT pénale sert à apprécier les conséquences fonctionnelles d’une atteinte à la personne dans le cadre pénal. Elle ne mesure pas la durée d’un arrêt de travail et ne détermine pas, à elle seule, le droit aux indemnités journalières. L’expression « interruption temporaire de travail » est parfois employée dans le langage courant, mais elle ne remplace pas les définitions de la CPAM ou du contrat.

Pour distinguer ces notions de l’invalidité et de l’inaptitude, consultez notre page sur les différences entre incapacité, invalidité et inaptitude.

Comment sont calculées les indemnités journalières maladie en 2026 ?

Pour un arrêt maladie de moins de 6 mois, il faut notamment justifier de 150 heures travaillées pendant les 3 mois civils précédents, ou de cotisations calculées sur au moins 1 015 fois le SMIC horaire pendant les 6 mois précédents. Pour un arrêt plus long, les conditions changent : elles comprennent notamment 12 mois d’affiliation et un seuil d’activité ou de cotisations sur les 12 mois précédents.

L’indemnité journalière représente 50 % du salaire journalier de base, calculé à partir des 3 derniers salaires bruts divisés par 91,25. Pour les arrêts débutant depuis le 1er avril 2025, le salaire retenu est plafonné à 1,4 SMIC, soit 2 613,82 € par mois en 2026. L’indemnité maximale est de 42,97 € brut par jour.

Repère pour un arrêt maladie en 2026 Règle
Carence de la Sécurité sociale 3 jours pour chaque arrêt, sauf exceptions prévues
Montant de l’IJ 50 % du salaire journalier de base
Salaire mensuel maximal pris en compte 2 613,82 €
IJ maximale 42,97 € brut par jour
Durée hors ALD 360 indemnités journalières au maximum sur une période de 3 ans

Exemple. Camille, salariée à 2 800 € brut par mois, est arrêtée pendant environ 4 mois. Le salaire retenu pour le calcul est plafonné à 2 613,82 € par mois : son indemnité atteint donc le maximum de 42,97 € brut par jour. Pour une illustration de 120 jours d’arrêt, les 3 jours de carence laissent 117 jours indemnisables, soit au plus 5 027,49 € brut d’IJ, avant tout complément de l’employeur ou de la prévoyance. La durée réelle en jours et les éventuelles interruptions peuvent modifier ce total.

En affection de longue durée, les indemnités journalières peuvent être versées pendant une durée maximale de 3 ans. Un nouveau délai de 3 ans peut s’ouvrir après au moins 1 an de reprise du travail. Les règles de l’ALD et de l’invalidité sont distinctes : une ALD ne signifie pas automatiquement que la personne est reconnue invalide.

Quel complément l’employeur doit-il verser ?

Le maintien légal de salaire suppose notamment au moins 1 an d’ancienneté, la transmission de l’arrêt dans les 48 heures et une prise en charge par la Sécurité sociale. En maladie, le complément légal commence à partir du 8e jour d’absence. Pour un accident du travail ou une maladie professionnelle, il démarre dès le premier jour, sauf pour un accident de trajet.

Le niveau prévu par la loi est de 90 % de la rémunération brute pendant les 30 premiers jours d’indemnisation, puis de deux tiers pendant les 30 jours suivants. Ces durées augmentent de 10 jours par période entière de 5 ans d’ancienneté au-delà de la première année, sans dépasser 90 jours pour chaque période. Une convention collective ou un accord d’entreprise peut prévoir des dispositions plus favorables.

Attention. Les IJ de la CPAM et le complément employeur ne sont pas deux revenus à additionner sans limite. Le maintien employeur complète les prestations selon les règles applicables, et la paie doit tenir compte de la situation exacte du salarié. Vérifiez aussi si la convention collective prévoit une carence plus courte ou un maintien supérieur.

À titre d’exemple, pour une salariée ayant 4 ans d’ancienneté, le régime légal prévoit jusqu’à 60 jours de maintien, répartis entre les périodes à 90 % puis aux deux tiers, sous réserve des conditions d’ouverture. Cela ne signifie pas que l’employeur verse cette somme dès le premier jour : en maladie, la carence légale de 7 jours s’applique avant le début du complément.

Que peut ajouter une prévoyance individuelle ou collective ?

Une garantie de prévoyance peut compléter les indemnités de la Sécurité sociale et, selon le contrat, le maintien de salaire. Elle peut viser un salarié couvert par un régime collectif, un dirigeant ou un travailleur indépendant. Les conditions ne sont pas uniformes : le contrat fixe la définition de l’incapacité, le montant garanti, les exclusions, la durée de versement et la franchise.

La franchise est la période pendant laquelle aucune prestation du contrat n’est versée après le début de l’arrêt. Elle peut différer selon qu’il s’agit d’une maladie, d’un accident ou d’une hospitalisation. Un contrat peut donc commencer à indemniser après plusieurs jours ou semaines, même si la CPAM verse déjà des IJ. Vérifiez aussi si l’assureur déduit les prestations des régimes obligatoires du montant garanti.

Pour un travailleur indépendant, il ne faut pas appliquer automatiquement les règles de maintien de salaire des salariés. Les prestations du régime obligatoire dépendent du statut et des droits ouverts, tandis qu’une prévoyance privée dépend de ses propres clauses. Le montant précis n’est pas déductible du seul revenu déclaré : il faut examiner le contrat et les justificatifs demandés.

Exemple. Marc, dirigeant indépendant à Tours, souscrit une garantie hypothétique de 100 € par jour avec une franchise de 30 jours. Pour un arrêt de 90 jours, si le contrat reconnaît l’incapacité pendant toute la période, il percevrait 6 000 € au titre des 60 jours suivant la franchise. Ce calcul illustre uniquement les clauses retenues pour l’exemple, ce n’est ni un barème légal ni une promesse de prestation. La prévoyance de l’entreprise et ses garanties collectives peuvent, elles aussi, compléter la protection des salariés selon les documents applicables.

L’assurance homme clé protège le résultat de l’entreprise

La garantie homme clé n’a pas pour objet de remplacer le salaire ou le revenu personnel de la personne arrêtée. L’entreprise souscrit le contrat et en est bénéficiaire. Pour relever du régime fiscal décrit par le BOFiP, l’indemnité doit correspondre à une perte financière réelle, calculée à partir du préjudice subi. Le contrat ne doit pas permettre le versement d’un capital en l’absence de sinistre ni comporter une faculté de rachat.

En matière d’incapacité, seule une incapacité d’au moins 3 mois est prise en compte pour le régime fiscal décrit dans la doctrine. La garantie et son déclenchement restent définis par le contrat. Une indemnité calculée comme une somme fixe sans lien avec la perte de l’entreprise ne répond pas à la définition fiscale d’une assurance homme clé indemnitaire. Les garanties d’un contrat homme clé et les modalités d’indemnisation après un sinistre méritent donc une vérification précise.

Pour une PME, la perte peut prendre plusieurs formes : baisse de marge, retards de livraison, recours à un remplaçant ou perte d’un contrat. L’entreprise devra documenter le préjudice et respecter la méthode prévue au contrat. Si l’indemnité est versée, elle entre dans le résultat imposable selon les règles de droit commun. Les primes d’un contrat répondant aux critères sont, elles, déductibles au titre de l’exercice où elles sont échues. La fiscalité dépend toutefois de la structure et du contrat : vérifiez la fiscalité de l’assurance homme clé avec votre expert-comptable.

Que se passe-t-il quand l’arrêt se prolonge ?

Hors affection de longue durée, la CPAM peut verser au maximum 360 indemnités journalières sur une période de 3 ans. En ALD, les IJ peuvent aller jusqu’à 3 ans. L’expiration de cette période ne transforme pas automatiquement l’arrêt en pension d’invalidité et ne met pas automatiquement fin au contrat de travail.

Si l’état de santé réduit d’au moins deux tiers la capacité de travail ou de gain, une pension d’invalidité peut être envisagée, sous réserve des conditions médicales et administratives. La CPAM peut aussi prendre l’initiative d’évaluer la situation. L’invalidité après un arrêt de travail prolongé est donc une démarche distincte, avec une demande et des critères propres.

Un médecin du travail, et lui seul, peut déclarer un salarié inapte à son poste. L’inaptitude n’est pas une prolongation de l’arrêt maladie : elle engage une procédure d’aménagement ou de reclassement par l’employeur. Pour les arrêts liés à un accident du travail ou à une maladie professionnelle survenus à compter du 1er janvier 2027, la durée maximale des IJ AT/MP sera de 4 ans, sous les conditions prévues. Cette règle ne doit pas être confondue avec la limite des IJ maladie.

Les vérifications à faire dès le début de l’arrêt

Prévenez votre employeur dans le délai requis et transmettez les justificatifs à la CPAM. Depuis le 1er septembre 2026, une première prescription d’arrêt est limitée à 31 jours et un renouvellement à 62 jours, sous réserve des dérogations prévues lorsque l’accès à une consultation est difficile dans un délai compatible. Pour un arrêt papier, seuls les formulaires sécurisés sont acceptés.

Pour connaître votre revenu réel, rassemblez les trois derniers bulletins de salaire, la convention collective, la notice de prévoyance et le contrat individuel éventuel. Demandez à l’employeur ou à l’assureur le détail de la carence, du calcul de la prestation, des délais de déclaration et des justificatifs médicaux attendus. Si vous dirigez une entreprise, séparez la garantie de vos revenus personnels de celle qui compense la perte d’exploitation : un devis de protection homme clé permet de cadrer cette seconde analyse à partir du rôle de la personne et des conséquences financières de son absence.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre les IJ de la CPAM et la garantie ITT d’une prévoyance ?

Les IJ de la CPAM sont des prestations du régime obligatoire, calculées selon les règles de la Sécurité sociale et les droits ouverts. La garantie ITT dépend d’un contrat privé, qui fixe sa définition de l’incapacité, sa franchise et son montant. Elle peut compléter les prestations obligatoires, selon ses clauses.

Avec un salaire brut de 2 800 €, combien peut-on recevoir en arrêt maladie en 2026 ?

Le salaire pris en compte est plafonné à 2 613,82 € par mois pour les arrêts concernés, et l’IJ maximale est de 42,97 € brut par jour. Après 3 jours de carence, le total dépend du nombre de jours indemnisables et des compléments de l’employeur ou de la prévoyance.

L’assurance homme clé verse-t-elle ses indemnités à la personne arrêtée ?

Non, le contrat homme clé est souscrit par l’entreprise et l’entreprise en est bénéficiaire. Pour relever du régime fiscal prévu pour cette assurance, l’indemnité doit compenser une perte financière réelle de l’entreprise, et non constituer un montant fixe versé à la personne assurée.

Que se passe-t-il au bout de 3 ans d’arrêt maladie ?

La durée maximale des IJ maladie dépend de la situation : hors ALD, le plafond est de 360 IJ sur une période de 3 ans, tandis qu’en ALD les IJ peuvent être versées jusqu’à 3 ans. La pension d’invalidité n’est pas automatique : elle répond à des critères médicaux et administratifs distincts.

L’ITT d’un contrat d’assurance correspond-elle à l’ITT pénale ?

Non. L’ITT d’assurance désigne une garantie définie par le contrat pour couvrir une incapacité de travail temporaire. L’ITT pénale évalue les conséquences fonctionnelles d’une atteinte à la personne et ne correspond pas à la durée d’un arrêt professionnel.

Textes de référence

  • Code de la sécurité sociale, article R323-1
  • Code du travail, articles L1226-1, D1226-1 et D1226-3
  • BOI-BIC-CHG-40-20-20, paragraphes 50 à 100
  • Code de la sécurité sociale, article L341-1

Page rédigée par la rédaction de Prévoyance Homme Clé, mise à jour le 7 novembre 2026. Les règles et montants cités sont ceux en vigueur à cette date. Notre méthode de rédaction.

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