L’essentiel en bref
- Depuis le 1er novembre 2026, l’évaluation de l’incapacité permanente distingue une part professionnelle et une part fonctionnelle, pour les dossiers relevant des nouvelles règles.
- Le seuil de 10 % pour l’ouverture d’une rente concerne le taux d’incapacité permanente professionnelle, et non la part fonctionnelle.
- Le barème officiel donne des repères indicatifs : une même lésion ne garantit donc pas le même taux pour chaque salarié.
- Pour contester l’évaluation, rassemblez les pièces médicales et professionnelles, puis suivez les voies de recours indiquées sur la notification de la caisse.
Le barème des séquelles d’accident du travail aide à évaluer les conséquences durables d’une lésion. Il ne fixe pas un taux automatique à partir du seul nom du diagnostic : le retentissement sur les fonctions et sur le travail doit être examiné. Depuis le 1er novembre 2026, le dispositif distingue une incapacité permanente professionnelle et une incapacité permanente fonctionnelle.
Pour comprendre le taux d’IPP d’un accident du travail, il faut donc regarder le barème applicable, la date de consolidation et les éléments précis du dossier. Un taux attribué à une épaule ou à une main ne se transpose pas mécaniquement à une autre personne, même si le diagnostic paraît similaire.
Quel barème s’applique depuis novembre 2026 ?
Les barèmes sont des outils indicatifs d’évaluation. Depuis le 1er novembre 2026, trois barèmes indicatifs sont fixés par arrêté : l’un pour l’incapacité permanente professionnelle après un accident du travail, un autre pour les maladies professionnelles, et un troisième pour l’incapacité permanente fonctionnelle. Le nouveau dispositif prévoit que la rente ou l’indemnité en capital comporte une part professionnelle et une part fonctionnelle.
La part professionnelle mesure les effets de la séquelle sur le travail. La part fonctionnelle porte sur le déficit fonctionnel permanent, notamment les atteintes aux fonctions, les douleurs permanentes et la perte de qualité de vie. Ces évaluations sont distinctes : un taux professionnel ne résume donc pas, à lui seul, toutes les conséquences de l’accident.
Le seuil de 10 % reste déterminant pour la part professionnelle : à partir de ce taux, une rente est versée ; en dessous, le régime prévoit une indemnité en capital. La valeur du point et certains paramètres nécessaires au calcul de la part fonctionnelle ne sont pas confirmés dans les données disponibles. Ne tentez donc pas d’en déduire un montant à partir du seul taux professionnel.
Attention. La règle exacte d’application des nouvelles modalités selon la date de consolidation est signalée comme restant à vérifier. Si votre accident a été consolidé près du 1er novembre 2026, demandez à la caisse quelle version du barème elle a retenue et sur quel texte elle s’appuie.
Pour le fonctionnement général de l’IPP et la différence entre taux, rente et capital, consultez notre page sur l’incapacité permanente partielle et son indemnisation.
Comment le taux est-il évalué ?
Le barème donne des indications au médecin qui évalue les séquelles, mais il ne remplace pas l’examen du dossier. L’évaluation doit décrire ce qui persiste après la consolidation : limitation d’un mouvement, perte de force, douleur ou gêne dans les gestes nécessaires au poste. Le taux dépend donc de la situation médicale constatée, et, pour la part professionnelle, des conséquences sur l’activité.
Le barème des accidents du travail et celui des maladies professionnelles sont distincts. Le barème des maladies professionnelles prévoit notamment des rubriques propres aux affections liées aux gestes et postures. Pour certaines lésions, le médecin peut s’écarter des taux moyens du barème en motivant son appréciation. Une fourchette ne constitue donc ni un minimum garanti ni un plafond automatique.
Depuis la réforme, il faut aussi vérifier quelle composante le document communique : taux professionnel, taux fonctionnel ou montant d’indemnisation. Une notification qui indique un seul chiffre peut nécessiter une lecture attentive des explications et des pièces qui l’accompagnent. Pour la définition générale de ces notions, retrouvez notre dossier sur l’accident du travail, l’incapacité permanente et les rentes.
Quels repères existe-t-il pour l’épaule, le pouce et les doigts ?
Les barèmes publiés donnent des repères chiffrés pour certaines séquelles de l’épaule. Ils distinguent parfois le membre dominant du membre non dominant. Voici quelques exemples issus des barèmes indicatifs en vigueur depuis le 1er novembre 2026, qui ne préjugent pas du taux attribué à un dossier particulier.
| Séquelle de l’épaule | Membre dominant | Membre non dominant |
|---|---|---|
| Limitation légère de tous les mouvements, barème professionnel | 10 à 15 % | 8 à 10 % |
| Limitation moyenne de tous les mouvements, barème professionnel | 20 % | 15 % |
| Blocage de l’épaule avec omoplate mobile, barème professionnel | 40 % | 30 % |
| Blocage de l’épaule avec omoplate bloquée, barème professionnel | 55 % | 45 % |
| Limitation active à 85°, barème fonctionnel | 20 % | 15 % |
Ces chiffres illustrent pourquoi le côté atteint compte : une même limitation peut recevoir un repère différent selon que le membre est dominant ou non. Le barème fonctionnel prévoit aussi, pour certaines limitations de l’élévation, une valeur pouvant aller jusqu’à 10 % pour le côté dominant et 8 % pour le côté non dominant lorsque l’amplitude se situe entre 130° et 180°. La gêne constatée et les mesures précises restent à documenter.
Pour le pouce ou un autre doigt, il serait imprudent d’annoncer un pourcentage générique. Le taux dépend de la séquelle constatée et de son retentissement ; les données disponibles ne permettent pas de fournir ici une fourchette officielle fiable pour le pouce. Notez les gestes devenus difficiles, par exemple saisir un outil, tourner une clé ou tenir une pièce, et demandez au médecin de les rapprocher des constatations cliniques. Le membre dominant peut être pertinent, mais ne suffit pas à déterminer le taux.
Bon à savoir. Le terme recherché de « pourcentage d’invalidité du pouce » peut prêter à confusion : après un accident du travail, on parle généralement d’incapacité permanente professionnelle ou fonctionnelle, évaluée dans le cadre AT/MP.
Comment sont prises en compte plusieurs séquelles ?
Lorsque plusieurs séquelles sont évaluées, ne partez pas du principe que leurs pourcentages s’additionnent simplement. La méthode dite de la capacité restante peut être utilisée : le taux d’une atteinte supplémentaire est rapporté à la capacité qui subsiste après la première, plutôt qu’à une capacité initiale intacte. L’ordre et la justification des évaluations peuvent donc changer le résultat.
Demandez que chaque séquelle soit identifiée séparément dans les pièces médicales et que le calcul de combinaison soit expliqué. Cette vérification est d’autant plus utile depuis la réforme, qui distingue aussi les composantes professionnelle et fonctionnelle. Ces deux composantes ne doivent pas être confondues avec un cumul de lésions.
Si plusieurs atteintes touchent la même zone ou limitent le même geste, décrivez leur effet concret sans compter deux fois une gêne identique. Par exemple, pour une main, indiquez séparément la mobilité de chaque doigt, la force de préhension et les gestes du poste qui restent possibles. La caisse doit pouvoir rapprocher les symptômes persistants des constatations médicales.
Le barème est-il le même pour une maladie professionnelle ou dans la fonction publique ?
Non. Depuis le 1er novembre 2026, le barème indicatif des accidents du travail est distinct de celui des maladies professionnelles. Le barème des maladies professionnelles comprend notamment une partie consacrée aux affections périarticulaires ; il ne faut donc pas reprendre sans vérification un chiffre lu dans une rubrique consacrée à une autre origine. Pour les tendinopathies de l’épaule ou du coude, les repères et les conditions de reconnaissance ne se confondent pas : consultez notre page sur le taux d’IPP d’une tendinopathie du coude ou de l’épaule et le dossier consacré au tableau 57 et au canal carpien.
Dans la fonction publique, la situation dépend du statut de l’agent et du régime applicable. Les fonctionnaires titulaires relèvent de règles de retraite pour invalidité et, lorsque l’invalidité est imputable au service, peuvent aussi relever d’une rente viagère d’invalidité. Les agents contractuels relèvent du régime général pour la pension d’invalidité et la rente AT/MP. Il faut donc éviter d’appliquer automatiquement à un fonctionnaire un taux ou un calcul conçu pour la rente du régime général. Les règles propres aux agents sont présentées dans notre page sur l’invalidité dans la fonction publique.
Comment préparer l’examen médical ?
Un dossier bien documenté permet de décrire les séquelles sans les réduire à un diagnostic. Avant l’examen, rassemblez les comptes rendus, résultats d’imagerie, documents de rééducation et éléments qui décrivent l’état après la consolidation. Préparez aussi une description courte des gestes que vous pouvez encore faire, de ceux qui déclenchent une douleur et de ceux qui sont devenus impossibles.
Pour la composante professionnelle, joignez si possible une description précise du poste : tâches répétées, outils utilisés, charges manipulées ou gestes de précision. Un employeur peut contribuer à décrire les exigences du poste, sans se substituer à l’évaluation médicale. Si vous êtes dirigeant ou salarié d’une petite entreprise, expliquez aussi les conséquences concrètes sur les tâches qui ne peuvent pas être transférées à un collègue.
Le jour de l’examen, répondez de façon factuelle. Pour une main, précisez si elle est dominante et donnez des exemples de gestes ; pour une épaule, décrivez les mouvements limités et les douleurs qui persistent. Évitez de vous contenter d’une formule comme « j’ai mal » : la fréquence, le mouvement concerné et la conséquence sur l’activité donnent des informations plus utiles.
Comment contester un taux d’IPP ?
Commencez par lire la notification en entier. Repérez la date de consolidation retenue, les taux indiqués, la distinction éventuelle entre part professionnelle et part fonctionnelle, ainsi que les voies et délais de recours. Les délais de contestation ne sont pas précisés ici : ceux figurant sur votre notification sont à vérifier sans attendre.
Si un élément paraît absent ou mal décrit, demandez les pièces médicales et le détail de l’évaluation selon les modalités indiquées par la caisse. Une contestation est plus solide lorsqu’elle cible un désaccord concret : mouvement non mesuré, séquelle persistante non mentionnée, côté dominant ignoré ou conséquences professionnelles insuffisamment décrites. Joignez des éléments médicaux récents et les documents qui montrent les gestes exigés par le poste.
Un taux AT/MP ne règle pas à lui seul toutes les conséquences pour le salarié ou l’entreprise. Il faut distinguer l’indemnisation du salarié, les éventuelles garanties de prévoyance et la continuité de l’activité si une personne clé ne peut plus travailler. Un dirigeant peut faire vérifier les protections de l’entreprise et de ses salariés à partir d’un devis adapté à sa situation.
Les vérifications à faire maintenant
Avant d’accepter le taux ou d’engager un recours, vérifiez que vous disposez de la notification complète, que la date de consolidation est cohérente avec votre dossier et que les séquelles sont décrites avec leurs effets sur les gestes et le travail. Si les nouvelles règles s’appliquent, vérifiez aussi que les parts professionnelle et fonctionnelle sont bien distinguées et que la caisse explique le calcul retenu.
Gardez une copie de chaque pièce envoyée et notez les délais de recours indiqués dans la notification. En cas de doute sur une épaule, un doigt ou plusieurs séquelles, demandez une explication précise du barème utilisé plutôt que de vous fier à un pourcentage trouvé pour un autre cas.
Questions fréquentes
Le barème des séquelles d’accident du travail est-il obligatoire ?
Non, les barèmes sont indicatifs et donnent des repères pour évaluer les séquelles. Le médecin peut s’en écarter en motivant son appréciation, et le taux dépend des conséquences constatées dans le dossier.
Quel est le pourcentage d’IPP pour un pouce ?
Il n’existe pas ici de pourcentage unique et fiable à annoncer pour une atteinte du pouce. Le taux dépend de la séquelle, des limitations constatées et de ses effets, notamment sur les gestes du poste ; signalez aussi si le pouce atteint est celui de la main dominante.
Comment l’IPP est-elle calculée après un accident du travail en 2026 ?
Depuis le 1er novembre 2026, l’évaluation distingue une part professionnelle et une part fonctionnelle pour les dossiers relevant des nouvelles règles. Le seuil de 10 % qui ouvre droit à une rente concerne le taux professionnel ; la valeur du point nécessaire au calcul fonctionnel n’est pas confirmée ici.
Peut-on additionner les taux de plusieurs séquelles ?
Ne partez pas d’une addition simple : la méthode dite de la capacité restante peut intervenir lorsque plusieurs atteintes sont évaluées. Demandez à la caisse le détail du calcul et la justification de chaque taux retenu.
Comment contester un taux d’incapacité permanente ?
Lisez la notification pour repérer les voies et délais de recours, qui doivent être vérifiés sans attendre. Appuyez votre désaccord sur un point précis et joignez les documents médicaux et professionnels qui décrivent la séquelle ou son retentissement.
Textes de référence
- Arrêté du 7 mai 2026 relatif aux barèmes indicatifs d’incapacité permanente professionnelle et fonctionnelle
- Code de la sécurité sociale, article L434-1 A
- Code de la sécurité sociale, articles R434-1 et R434-1-1-1
- Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, article 96
Page rédigée par la rédaction de Prévoyance Homme Clé, mise à jour le 7 novembre 2026. Les règles et montants cités sont ceux en vigueur à cette date. Notre méthode de rédaction.




