L’essentiel en bref
- Seul le médecin traitant, ou un autre médecin habilité, prescrit et prolonge l’arrêt de travail.
- La visite de reprise est obligatoire après une maladie professionnelle, un congé maternité, un accident du travail d’au moins 30 jours ou une maladie ou un accident non professionnel d’au moins 60 jours.
- Quand elle est obligatoire, la visite de reprise doit avoir lieu le jour de la reprise et au plus tard dans les 8 jours.
- Le médecin du travail peut recommander des aménagements, mais le diagnostic et les détails médicaux restent couverts par le secret médical.
Un arrêt de travail relève du médecin qui vous soigne, pas du médecin du travail. La médecine du travail intervient toutefois avant ou après l’absence pour préparer la reprise, étudier les conditions de travail et, si nécessaire, proposer des aménagements. Les délais dépendent du motif et de la durée de l’arrêt.
Pour l’employeur, le sujet se prépare dès qu’une reprise paraît difficile ou qu’une visite est obligatoire. Pour le salarié, ces rendez-vous ne remplacent pas l’arrêt prescrit et ne donnent pas à l’employeur accès au diagnostic.
Le médecin du travail ne prescrit pas l’arrêt
Le médecin traitant prescrit l’arrêt de travail et peut le prolonger lorsqu’il estime que l’état de santé le justifie. Le médecin du travail, lui, évalue la compatibilité entre l’état de santé et le poste. Il peut échanger avec le salarié et l’employeur sur les tâches, les horaires ou les adaptations possibles, sans se substituer au médecin qui suit la maladie.
La distinction compte aussi pour les revenus. Les indemnités journalières et le maintien de salaire obéissent à des règles différentes de celles qui concernent l’invalidité ou l’inaptitude. La différence entre incapacité, invalidité et inaptitude aide à ne pas confondre ces statuts.
Si vous estimez ne pas pouvoir reprendre à la date prévue, contactez le médecin qui vous soigne avant la fin de l’arrêt. Une consultation avec la médecine du travail ne prolonge pas la prescription. De son côté, l’employeur ne peut pas demander au médecin du travail de justifier une absence par un diagnostic.
Les visites n’ont pas toutes le même objectif
La pré-reprise sert à anticiper les conditions du retour pendant l’arrêt. La reprise vérifie la situation au retour lorsque les critères prévus sont réunis. Une visite à la demande peut, elle, être organisée pour faire le point sur un poste ou une difficulté, sans attendre une visite obligatoire.
| Rendez-vous | Quand ? | À quoi sert-il ? |
|---|---|---|
| Visite de pré-reprise | Pendant l’arrêt, quand le retour nécessite une préparation | Étudier des aménagements ou des mesures facilitant la reprise |
| Rendez-vous de liaison | Pendant une absence, pour maintenir le contact avec l’entreprise | Échanger sur les dispositifs d’accompagnement et les conditions de retour |
| Visite de reprise | Après certaines absences, selon leur motif et leur durée | Faire le point sur l’aptitude au poste et les adaptations nécessaires |
| Visite à la demande | Lorsqu’un salarié, l’employeur ou le médecin du travail souhaite un échange | Examiner une difficulté liée au travail ou à l’état de santé |
La pré-reprise et le rendez-vous de liaison ne sont pas des visites de reprise. Le rendez-vous de liaison n’est pas un examen médical et ne met pas fin à l’arrêt. Le salarié peut échanger avec l’entreprise sur son retour sans exposer le détail de sa maladie.
La pré-reprise se prépare pendant l’arrêt
La visite de pré-reprise permet d’aborder concrètement le poste avant le retour : gestes difficiles, station debout, horaires, déplacements ou charge de travail. Elle peut conduire le médecin du travail à recommander une adaptation, une transformation du poste ou une autre mesure. L’objectif est d’éviter une reprise improvisée, surtout quand le salarié ne pourra probablement pas retrouver immédiatement ses conditions habituelles de travail.
Le salarié peut solliciter le service de prévention et de santé au travail pour organiser ce rendez-vous. Le médecin qui le suit ou le médecin conseil peut aussi participer à la démarche. Il est utile de préparer une description des tâches réelles, plutôt que de se limiter à l’intitulé du poste. Pour un technicien, par exemple, le travail peut mêler conduite, manutention et interventions chez des clients, trois contraintes différentes à examiner.
La pré-reprise ne vaut pas déclaration d’inaptitude et ne remplace pas la visite obligatoire de reprise. Elle permet plutôt de repérer les solutions à discuter avec l’employeur. Pour mieux comprendre les suites possibles, consultez notre page sur l’inaptitude au travail et ses conséquences.
La visite de reprise dépend du motif et de la durée
La visite de reprise est obligatoire après un congé de maternité, une absence pour maladie professionnelle, un arrêt d’au moins 30 jours pour accident du travail, ou une absence d’au moins 60 jours pour maladie ou accident non professionnel. Elle doit avoir lieu le jour de la reprise et au plus tard dans les 8 jours qui suivent.
C’est à l’employeur de contacter le service de prévention et de santé au travail pour organiser cette visite et d’informer le salarié des modalités. En pratique, il est préférable de signaler la date prévisible de reprise dès que possible, puis de confirmer la fin de l’arrêt. Le salarié peut aussi appeler le service si aucun rendez-vous ne lui a été communiqué, mais cette démarche ne décharge pas l’employeur de son organisation.
Une règle entrée en vigueur en 2026 prévoit une dispense de visite de reprise si une visite de pré-reprise a eu lieu dans les 30 jours avant le retour et a conclu qu’aucun aménagement n’était nécessaire. Cette dispense ne s’applique pas si le médecin, l’employeur ou le salarié demande une visite. Elle concerne les arrêts délivrés à compter du 15 juin 2026.
Bon à savoir. La visite de reprise ne conduit pas automatiquement à un avis d’aptitude ou d’inaptitude. Le médecin du travail examine la situation et peut formuler des recommandations adaptées au poste.
Si la visite obligatoire n’est pas organisée
Un oubli de l’employeur ne supprime pas l’obligation de visite et ne transforme pas, à lui seul, le statut du salarié. Si vous êtes concerné, écrivez à votre employeur ou au service RH pour demander la date du rendez-vous et gardez une trace de votre demande. L’employeur doit contacter le service de santé au travail sans attendre.
La date de reprise reste celle prévue par l’arrêt, sauf prolongation prescrite par le médecin qui vous soigne. Ne considérez donc pas qu’une visite manquante prolonge automatiquement l’arrêt. Si votre état ne vous permet pas de reprendre, demandez un avis médical et faites établir, si nécessaire, la prolongation appropriée.
Pour l’entreprise, mieux vaut conserver les échanges avec le service de santé au travail et le salarié. Il faut aussi éviter de demander au salarié de raconter son diagnostic pour justifier l’organisation de la visite. Si une inaptitude est finalement prononcée, la recherche de reclassement et les délais qui suivent obéissent à des règles distinctes. Le salaire doit notamment reprendre si, un mois après l’examen médical de reprise, le salarié n’est ni reclassé ni licencié. Les revenus en cas d’inaptitude dépendent ensuite de l’origine de celle-ci et de la situation du salarié.
Aménagements, temps partiel et essai encadré
Le médecin du travail peut proposer des adaptations portant sur le poste, les horaires ou l’organisation du travail. Ces recommandations doivent être examinées avec l’employeur et le salarié, en tenant compte des tâches réellement exercées. Si l’entreprise ne peut pas les mettre en œuvre, elle doit demander conseil au service de santé au travail et ne pas remplacer l’avis médical par une décision improvisée.
Le temps partiel thérapeutique se prépare avec le médecin qui suit le salarié et les interlocuteurs concernés, notamment l’Assurance maladie, l’employeur et la médecine du travail. Le médecin du travail peut éclairer la compatibilité des horaires et des missions avec le poste. Il ne prescrit pas l’arrêt et ne décide pas, à lui seul, du versement des indemnités journalières.
Un essai encadré peut aussi être étudié dans certaines situations pour évaluer les capacités de reprise ou l’adaptation à un poste. Ce dispositif ne s’organise pas comme une simple reprise informelle : il faut vérifier les conditions auprès de l’Assurance maladie et du service de prévention et de santé au travail. Une PME ne doit pas faire reprendre des tâches « pour tester » sans avoir clarifié le cadre avec ces interlocuteurs.
Maya, salariée d’une entreprise de maintenance à Limoges, revient après une absence de 60 jours pour maladie. Une visite de reprise est requise. Si une pré-reprise a eu lieu dans les 30 jours précédant son retour et a conclu qu’aucun aménagement n’était nécessaire, la dispense peut s’appliquer, sauf demande de l’une des personnes prévues. Dans le cas contraire, l’employeur organise la visite au plus tard dans les 8 jours suivant la reprise.
Le secret médical protège le salarié
Le médecin du travail est tenu au secret médical. Il ne transmet pas à l’employeur le diagnostic, les traitements ni les détails d’un dossier médical. L’employeur reçoit les conclusions utiles au travail, comme des recommandations d’aménagement ou, le cas échéant, un avis d’inaptitude.
L’inaptitude ne peut être déclarée que par le médecin du travail, après l’étude du poste et un échange avec le salarié et l’employeur, s’il constate qu’aucune mesure d’aménagement, d’adaptation ou de transformation du poste n’est possible. Une visite de reprise n’équivaut donc pas à une déclaration d’inaptitude. Pour connaître les étapes qui suivent, voyez la procédure de licenciement pour inaptitude et les règles propres à une inaptitude d’origine professionnelle.
Pour un dirigeant, l’organisation de ces démarches fait partie de la gestion de l’absence et de la continuité de l’activité. Une couverture de prévoyance ne remplace ni la visite médicale ni les obligations de reclassement, mais elle peut compléter la protection financière selon le contrat. Vous pouvez demander un devis pour protéger l’entreprise si vous souhaitez examiner ce volet séparément.
Que vérifier avant le retour du salarié ?
Le salarié peut confirmer la date de fin de son arrêt, signaler les difficultés fonctionnelles qu’il souhaite aborder et demander une pré-reprise si le retour paraît incertain. Il n’a pas à communiquer son diagnostic à son employeur. En cas de désaccord sur la capacité à reprendre, il doit s’adresser au médecin qui le soigne plutôt que d’attendre une décision de la médecine du travail.
L’employeur, lui, doit repérer si le motif et la durée de l’absence déclenchent une visite obligatoire, prévenir le service de santé au travail et communiquer au salarié la date prévue. Après la visite, il faut examiner les recommandations et organiser les tâches en conséquence. Pour les absences longues, un échange anticipé coûte souvent moins cher qu’une reprise mal préparée, surtout lorsque le poste repose sur une seule personne ou sur des gestes difficiles à redistribuer.
Questions fréquentes
Le médecin du travail peut-il me mettre en arrêt maladie ?
Non. L’arrêt de travail et sa prolongation relèvent du médecin qui vous soigne. Le médecin du travail peut évaluer la compatibilité de votre état de santé avec votre poste et recommander des aménagements.
Qui organise la visite de reprise après un arrêt ?
Lorsque la visite est obligatoire, l’employeur contacte le service de prévention et de santé au travail et informe le salarié. Le salarié peut appeler ce service si le rendez-vous n’est pas annoncé, sans que cela remplace la démarche de l’employeur.
Dans quel délai la visite de reprise doit-elle avoir lieu ?
Elle doit se tenir le jour de la reprise et au plus tard dans les 8 jours. Elle est obligatoire après une maladie professionnelle, un congé de maternité, un accident du travail d’au moins 30 jours ou une maladie ou un accident non professionnel d’au moins 60 jours.
Mon employeur a oublié d’organiser la visite, dois-je prolonger mon arrêt ?
Non, l’absence de rendez-vous ne prolonge pas automatiquement l’arrêt. Contactez l’employeur et le service de santé au travail, et demandez un avis au médecin qui vous soigne si votre état ne permet pas la reprise.
Le médecin du travail peut-il révéler mon diagnostic à mon employeur ?
Non, les informations médicales sont couvertes par le secret médical. L’employeur reçoit les conclusions utiles au travail, par exemple des recommandations d’aménagement ou un avis d’inaptitude, et non le diagnostic.
Textes de référence
- Code du travail, article R4624-31
- Code du travail, article L4624-4
- Code du travail, articles L1226-4 et L1226-11
Page rédigée par la rédaction de Prévoyance Homme Clé, mise à jour le 7 novembre 2026. Les règles et montants cités sont ceux en vigueur à cette date. Notre méthode de rédaction.




